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Iran, jour 13 : Mojtaba Khamenei jure de maintenir Ormuz fermé, l'AIE libère 400 millions de barils
Par Le Pivot — Iran Monitor · 11 mars 2026 · 10 min de lecture
Le treizième jour du conflit irano-américain marque un tournant politique et symbolique. Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père à la tête de la République islamique, prend la parole publiquement pour la première fois depuis le début des hostilités. Son message est sans ambiguïté : le détroit d’Ormuz restera fermé, et les attaques contre les bases américaines dans la région se poursuivront. Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) annonce la plus grande libération coordonnée de réserves stratégiques de pétrole jamais réalisée — 400 millions de barils — dans une tentative de stabiliser des marchés en pleine panique. Le bilan humain continue de s’alourdir, avec plus de 1 300 morts en Iran, des erreurs de ciblage qui alimentent la colère internationale, et des monarchies du Golfe prises entre les feux croisés d’un conflit qui déborde de ses frontières.
Première allocution du Guide suprême
Dans une adresse diffusée sur la télévision d’État iranienne, Mojtaba Khamenei a déclaré que le détroit d’Ormuz « restera fermé aussi longtemps que l’agression se poursuivra ». Il a promis que les forces iraniennes continueraient de frapper les bases militaires américaines au Moyen-Orient et a présenté la résistance de l’Iran comme un devoir religieux et national. Le ton était celui d’un dirigeant cherchant à consolider une légitimité encore fragile à travers la fermeté militaire.
La journée a également été marquée par les déclarations incendiaires du général Yahya Rahim Safavi, conseiller militaire principal du Guide suprême, qui a qualifié Donald Trump de « Satan en personne » sur les ondes de la télévision d’État. Cette rhétorique, bien que prévisible dans le contexte de la propagande de guerre, signale une escalade dans le registre discursif iranien et réduit encore la marge de manœuvre pour une médiation diplomatique.
Conditions iraniennes pour la paix
Le président Masoud Pezeshkian a, quant à lui, adopté un registre plus diplomatique en exposant trois conditions pour un cessez-le-feu. Premièrement, la reconnaissance par la communauté internationale des « droits légitimes » de l’Iran — une formulation suffisamment vague pour englober aussi bien le programme nucléaire que la souveraineté territoriale. Deuxièmement, le versement de réparations pour les destructions causées par les frappes américaines et israéliennes. Troisièmement, des garanties internationales de sécurité, vraisemblablement sous la forme d’un accord multilatéral impliquant des puissances non occidentales.
Ces conditions semblent conçues pour être rejetées par Washington dans leur forme actuelle, ce qui permet à Téhéran de se positionner comme la partie disposée à négocier tout en poursuivant les hostilités. Elles s’adressent avant tout à un public international — et notamment aux pays du Sud global — qui pourrait servir de levier diplomatique dans les semaines à venir.
Erreurs de ciblage et crise humanitaire
Environ 6 000 cibles ont désormais été frappées en Iran par la coalition américano-israélienne. Parmi les développements les plus troublants de la journée, le New York Times a rapporté qu’un missile de croisière Tomahawk américain a atteint une école iranienne, que le Pentagone a qualifiée d’« erreur de ciblage ». L’incident a provoqué une vague de condamnations internationales et pourrait alimenter les efforts diplomatiques iraniens visant à isoler les États-Unis.
Le bilan humain continue de s’aggraver. Selon les dernières estimations, 1 348 personnes ont été tuées en Iran, plus de 17 000 blessées, et 3,2 millions déplacées selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). La crise humanitaire prend une dimension régionale : au Liban, où les opérations conjointes Iran-Hezbollah se poursuivent, le bilan dépasse les 630 morts et 800 000 déplacés. L’armée israélienne a par ailleurs avancé ses positions dans le sud du Liban, tandis que la Turquie a mis en garde Israël contre tout bombardement supplémentaire du territoire libanais.
Sur le front naval, les forces iraniennes ont ouvert le feu sur deux navires qui avaient ignoré les avertissements dans le détroit d’Ormuz, confirmant la volonté de Téhéran d’appliquer son blocus par la force. Plus de 90 navires iraniens ont été endommagés ou détruits par les frappes de la coalition, dont une trentaine de mouilleurs de mines — un effort systématique pour neutraliser la capacité iranienne de miner le détroit.
Golfe sous tension
Les monarchies du Golfe persique se trouvent de plus en plus exposées aux retombées du conflit, malgré leur neutralité affichée. L’Arabie saoudite a intercepté des drones qui se dirigeaient vers le champ pétrolier de Shaybah, l’un des plus grands du monde. Les Émirats arabes unis ont abattu 6 missiles balistiques, 7 missiles de croisière et 39 drones au cours de la journée — un volume de tir qui témoigne de l’intensité de la menace. Fait significatif, Citibank a annoncé la fermeture temporaire de ses succursales aux Émirats, un signal de défiance des marchés financiers envers la stabilité de la région.
Le Koweït a subi des dommages collatéraux directs : six lignes électriques ont été mises hors service par des débris de drones, et un immeuble résidentiel a été touché. Bahreïn a signalé l’attaque d’un réservoir de carburant et l’arrestation de quatre citoyens pour espionnage — probablement lié à un réseau pro-iranien. Oman, qui joue traditionnellement un rôle de médiateur discret entre Téhéran et Washington, a vu des réservoirs de carburant portuaires endommagés, ce qui pourrait compliquer sa position de neutralité.
Une opération conjointe Iran-Hezbollah a ciblé plus de 50 objectifs en Israël au cours d’un barrage de missiles étalé sur cinq heures. Cent soixante-dix-neuf personnes ont été blessées en Israël dans les dernières 24 heures. Le coût des opérations militaires américaines a atteint 11,3 milliards de dollars pour la seule première semaine du conflit.
Marchés pétroliers : l’AIE libère 400 millions de barils
Le prix du pétrole brut a franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril, un seuil qui n’avait plus été atteint depuis 2022. Face à la menace d’une crise énergétique mondiale, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé la libération coordonnée de 400 millions de barils de réserves stratégiques — un record absolu qui dépasse largement les précédentes interventions de ce type, notamment celle de 2022 lors de l’invasion russe de l’Ukraine.
Les États-Unis contribueront à hauteur de 172 millions de barils, puisés dans la Strategic Petroleum Reserve, soit plus de 40 % de l’effort total. L’Organisation maritime internationale a convoqué une session d’urgence pour examiner la situation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. La fermeture prolongée de ce passage constitue la plus grave perturbation de l’approvisionnement pétrolier mondial depuis la première guerre du Golfe en 1990-1991.
L’efficacité de cette libération massive de réserves dépendra de plusieurs facteurs : la durée du blocus d’Ormuz, la capacité des pays producteurs hors Golfe à augmenter leur production, et la réaction des marchés spéculatifs. Si le conflit devait se prolonger au-delà de quelques semaines, même 400 millions de barils ne suffiraient pas à compenser la perte de flux en provenance du Golfe persique.
Ce qu’il faut retenir
Le treizième jour du conflit consolide plusieurs tendances lourdes. Sur le plan politique, la première prise de parole de Mojtaba Khamenei confirme que le nouveau Guide suprême entend poursuivre la confrontation, tandis que les conditions de paix posées par Pezeshkian semblent davantage destinées à la galerie diplomatique qu’à ouvrir de véritables négociations. Sur le plan militaire, l’erreur de ciblage sur une école iranienne et l’avancée israélienne au Liban élargissent le théâtre des opérations et compliquent toute désescalade. Sur le plan économique, la libération record de 400 millions de barils par l’AIE est un geste d’urgence qui révèle l’ampleur de l’inquiétude mondiale face à la perspective d’un blocus durable d’Ormuz. Les monarchies du Golfe, prises sous un feu croisé de missiles, de drones et de pressions diplomatiques, voient leur neutralité de façade s’effriter jour après jour.